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marc jaffeux





C’est là-bas
roman
Chez Sulliver en 2016, 464 pages, 22 euros.

C’est là-bas est une libre évocation de l’Orient, et en particulier de l’Inde. Par touches impressionnistes peu à peu articulées, le récit élabore un pays imaginaire et ses traditions : l’Indrastan, avec ses géographes, ses conteurs, ses philosophes et ses dramaturges. Ces fictographies reposent sur une érudition fantaisiste ; en vain le lecteur y chercherait des informations objectives, ou une confirmation de ce qu’il sait déjà.
Mais l’Inde est ici. On la trouvera dans le foisonnement et l’énergie du récit. Elle nous appelle dans le rythme même de l’écriture, qu’alimentent les images baroques, les bribes de légendes, les études inventées d’où émerge peu à peu l’histoire du géant Vigg et de son ami Ajjit.
C’est donc un roman,
C’est là-bas, mais un roman de la pensée, dont les mots se réveillent au contact d’un autre réel, et qui, en contrepoint, témoigne de la pesanteur de nos sociétés, de l’anonymat de leurs villes, et de nos esprits tout aussi cloisonnés.
C’est surtout un élan vers ce pays lointain où tant de voyageurs ont cru — avec raison ? — être enfin arrivés chez eux.
« Un roman sur l’Inde du Tout et de son contraire, le désordre comme un chant de tolérance. » Patrick Levy, écrivain de spiritualité.




Etymologie d’une dictature
(Tunis 2003-2004)
Chez Sulliver en 2015, 128 pages, 11 euros.

Quatorze brefs récits de caractères et de genres variés, une archéologie fictive qui explore les divers aspects de la parole publique en temps de dictature (en l’occurence celle du Général Ben Ali, en Tunisie), mais comme décrits à partir des vestiges d’une bibliothèque imaginaire, mêlant références romanesques, philosophiques, linguistiques, et poétiques ; les concepts y prennent l’ampleur de véritables personnages, étoffés plus qu’illustrés par de brefs détours romanesques : récits souvent déroutants, qui interrogent autant par leurs propos que par leurs formes.
Glossaire établi par Mohammed Mezziane. Initialement paru dans la revue Kalima Tunisie n14-29 (mai 2003 / octobre 2004).
« Une belle approche critique, par la littérature, de la politique et de ses mensonges établis, une dénonciation de la fabrique des consensus qu’on peut croire démocratiques lorsqu’on se laisse aveugler par les mots. » Leyla Dakhli, La Quinzaine littéraire, 16 octobre 2015.




Lazyq
Chez Marie Delarbre en 2014, 72 pages, 15 euros.

Un récit hybride où l’écriture progresse par d’étranges métamorphoses, peinture à grands traits d’une société livrée à la peur, à l’argent, et à l’oubli. Mais l’oubli de quoi ? Quelque chose, sans doute fluide, rapide, fugitif bien qu’intense, qui traverse ici les formes et les tons — lyrique, humoristique, poétique —, vers une conscience plus large.




Le jaune des fleurs du genêt d’Espagne
Chez Eclats d’encre en 2013, 87 pages, 12 euros.

Dans un parc, un regard se pose. C’est un premier regard, entre deux êtres, un regard qui contient tout le possible. Car cet homme et cette femme ne se connaissent pas. Ils ne se sont pas encore parlé, et voudraient que cet instant, en lisière de la vie, ne cesse jamais. Et, de fait, le Temps se met à balbutier. Il balbutie à travers les fleurs, et à travers deux sœurs, Merle et Rée. Les fleurs ne cessent de fleurir, et leurs couleurs intenses captivent Merle et Rée, qui soupçonnent un regard de les avoir prises au piège. Celui de l’homme et de la femme ? Les sœurs n’existent-elles qu’en leur imagination ? Ou l’inverse ? Qui imagine qui ? Surgissent alors, d’une hypothèse à l’autre, les personnages de l’Amour et du Temps, dont l’allégorie va permettre aux héroïnes de remonter jusqu’au souvenir occulté… trop romanesque pour être vrai. Quelque part entre Duras et Maeterlinck, un drame flamboyant qui, comme l’univers, naît d’un simple regard, peut-être vide, peut-être d’amour.




Entendez-vous les images fondre
Chez Eclats d’encre en 2002, 136 pages, 12 euros.
Edition électronique revue et corrigée, 6,99 euros. | EPUB

Entendez-vous les images fondre, une pièce de théâtre, se place sous le signe du cancer : cancer d’un organe, dont la vie s’émancipe du corps auquel il appartient ; cancer d’un texte, dont la croissance développe dans le théâtre un autre théâtre, incontrôlé. Treize comédiens se partagent un récit, qui évoque, à travers l’épopée de la ville Orange, comme la construction puis la désagrégation d’un organisme complexe... Suivi de Le souvenir sans objet (théâtre), et de Castel-Atroce (récit).






Le rituel de la dispersion des organes vitaux
Chez Eclats d’encre en 2001, 98 pages, 12 euros.
Publié avec l’aide du Centre National du Livre.
Edition électronique revue et corrigée, 6,99 euros. | EPUB


Une pièce de "théâtre musical", dont les seuls instruments sont les corps de quatre comédiennes et quelques accessoires tirés de l’ordinaire. C’est ainsi l’histoire d’un deuil impossible : quatre femmes marchent à la recherche du lieu où disperser les organes d’un mort — cannes, chants, vitre, billes d’acier et plaque de fer représentent alors sur scène les organes et leur dispersion. Or l’une des femmes, Cendre, la seule qui porte un nom, ne peut accomplir le rituel, ou l’accomplira trop bien... Suivi de Le Nom Butterfly (théâtre, en référence à l’héroïne de Puccini) et de Les fossiles de Liliatrice (récit).














Kalima-Geste

théâtre publié par la revue Kalima n46-57, 2006-07

Douze pièces de théâtre-minute écrites pour Kalima, revue censurée par la dictature tunisienne, à jouer le jour anniversaire de la chute de Ben Ali : un théâtre pour tous, dans le décor naturel de la ville de Tunis.




Franges
récit publié par Carbone n2, printemps 2007
version revue et corrigée en téléchargement libre | PDF | EPUB
Quelques fragments consacrés au chant, à la mort du soleil, tous d’auteurs imaginaires. Ce qu’on pourrait appeler des fictographies, dans la mesure où ce qui est fictif, ici, bien plus qu’une intrigue ou des personnage, c’est l’écriture.








Sept œils sauvages
livret mis en musique par Ingrid Drese
publié par le label Empreintes digitales, 2010.
Où Lus Carolien formule les principes d’une ville fondée sur la mobilité des couleurs, ces principes de fragilité que l’architecte tire de sept auteurs anciens, baptisés Œils Sauvages. Il s’agit donc ici d’une fiction, mais sous la forme de citations brèves et colorées, articulées discrètement au matériau musical de sorte qu’elles n’en entravent pas la délicate abstraction.
EXTRAIT ICI



Ekhô
livret mis en musique par Frédéric Kahn
publié par le label Studio Forum, Zone de rêve, 2002.

Ekhô est ce trouble particulier qu’engendre un rêve intense, lorsque ses rémanences survivent à l’éveil. Il s’agira ainsi, du point de vue musical, de tableaux stables, de rythmes simples, de formes pâles, que traverse brièvement et de manière inquiétante un « ectoplasme » échappé du prélude. Au sixième et dernier tableau, l’ectoplasme devient audible : Ekhô s’achève ainsi sur le récit du rêve à voix nue.
EXTRAIT ICI



Ce que ville veut dire
chez Tarabuste, dans l'anthologie de Triages, pp.138-165, juin 2013, épuisé.
revu et corrigé en 2016 pour les éditions Sulliver.
Suite de moments désespérés pris à notre quotidien, celui de la mécanique et du chômage, que vient bientôt coudoyer un autre poème, lointain, exotique, exubérant. Ou la ville comme pensée d’objets, le cerveau comme sa base molle, et le poème comme fenêtre.





La nuit du dibdak
livret mis en musique par Denis Dufour et Roberto Kenofsky
publié par le label Studio Forum, Virtual Zoo, 2001.

Le dibdak – animal fictif pour zoo virtuel – n’apparaîtra jamais qu’à travers les barreaux de sa cage : ici, la grille d’une notice de dictionnaire. A la musique, composée par Denis Dufour, de restituer l’histoire du petit mammifère intelligent, dont les multiples définitions (émaillés de sens dérivés, d’usages lexicaux, de citations) laissent deviner la couleur tragique.
EXTRAIT ICI



Butterfly le nom
livret mis en musique par Gérard Pesson
publié par les Editions Lemoine, 1998.
Dire non au carmin qui ferait au visage une bouche, à la poudre blanche pour rendre les yeux noirs, à la robe orange pour donner à la voix la scène d’un corps : dissimulée derrière un paravent – le paravent de laque – Butterfly refuse de se laisser modeler, malgré les demandes de sa mère, par une réalité trop étroite et inexacte. Refus, chez elle, de toute théâtralité, pour un théâtre de l’immobilité où la scénographie est réduite à l’unique objet du paravent et la dramaturgie portée seulement par une langue toute en images.
EXTRAIT ICI



U-I strates
livret mis en musique par Jean-Luc Hervé
publié par les éditions Suvini Zerboni, 2002.












Marc Jaffeux est l’auteur de pièces de théâtre, de pièces radiophoniques (France Culture, Radio Suisse Romande), ainsi que d’une vingtaine de livrets pour la musique contemporaine. Il co-traduit du Danois la poésie de Marianne Larsen. Ses récits interrogent les liens multiples du réel aux mots, à leur poésie ; ils sont souvent pluriels, partagés entre plusieurs approches, comme si le fait d’écrire devenait fiction.











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